La vie de parent

Si vous demandez à Papa Chéri ou moi si on est heureux de notre vie de parents, nous n'hésiterons à vous dire "oui, c'est merveilleux !". Je vous rassure, nous ne prenons aucune drogue, mais malgré le quotidien parfois difficile et les mises à l'épreuve qu'imposent la parentalité, on  est comme tout le monde : on aime si fort notre enfant, que penser à lui, c'est synonyme de bonheur. 

 Avoir un enfant apporte énormément. Comme j'en ai déjà parlé, Pucinette est un bonheur à elle seule, notre petit soleil. 
Pourtant, j'ai encore frais dans mon esprit un bon nombre de fois où j'ai pensé "je n'en peux plus", "c'est si difficile", où j'ai élevé la voix sur elle, où j'ai dit à son père "là, j'en ai marre", où on s'est disputé lui et moi en pleine nuit car on était crevés, à bout et démunis. 
S'occuper d'un bébé ça demande de l'énergie, de la patience, de l'organisation. C'est un travail à temps plein qui ne connait pas de répit. La voie que nous avons choisie est d'autant plus complexe qu'elle demande d'accepter l'enfant dans ses démarches, de lui donner de la liberté et de s'adapter à lui pour lui permettre de découvrir le monde, créer des liens solides, gagner de la confiance en soi, maitriser ses émotions... Mais qui nous demande des efforts incroyables sur notre façon de fonctionner.
Oui, il m'est arrivé parfois de me dire que ce serait plus facile de dire "ça suffit maintenant où je me fâche" et de la poser dans un parc ou un transat ou autre chose qui la maintienne dans un coin. Mais ça n'aurait aucun sens pour moi, tellement je suis convaincue que ce ne serait qu'un usage de ma supériorité physique, improductif et rabaissant, qui lui apprendra plus tard que le plus fort soumet.

[Et vlan l'assiette !]


Dans les débuts de la maternité, j'étais très inquiète de parfois constater que j'avais besoin d'aide, car je me sentais débordée, épuisée, que j'avais besoin de souffler.
Je me disais que des tas de femmes y arrivaient (et parfois seules, ces incroyables Wonder Woman), et que moi non.

En fait, à force de discuter, de lire, j'ai constaté qu'à peu près tous les parents, nous ressentons cela, et que chacun trouve sa manière de s'aider. Que dans ses moments là, l'entourage est important. 

Surtout, je pense que savoir que s'occuper d'un nourrisson est difficile, que c'est normal, que c'est une étape à passer durant laquelle on va avoir besoin d'aide, besoin d'air, besoin de craquer, et s'autoriser à trouver cela difficile, c'est déjà se faciliter un peu la tâche.
Quand je passe une journée à m'occuper de Pucinette, qu'elle dort peu, pleure beaucoup, ne veut que les bras, et que du coup je n'ai pas eu le temps de me laver, manger, que j'ai mal à la tête, mal au dos, et qu'elle me tire les cheveux ou hurle quand je veux la changer ou la poser, c'est comme si tout mon corps se tendait d'un coup : mes mécanismes de défense sont en place, prêts à bondir.
Quand vraiment je sens la patience me quitter, je dis à ma fille "là je dois m'éloigner me calmer", je la pose en sécurité dans sa chambre et je vais souffler vite vite un peu plus loin.
C'est magique, quelques secondes suffisent, c'est nécessaire

S'occuper d'un bébé, c'est difficile, mais ça en vaut la peine.

Tout ce que nous déployons aujourd'hui, notre bébé le garde précieusement pour plus tard, il s'en nourrit, s'en construit. Restons justes et honnêtes, il y a des bébés qui ont besoin de plus d'attentions, qui font leurs nuits ou non, mais globalement, le métier de parent est un métier prenant, fatiguant, déroutant et unique pour chaque enfant. Alors bravo à nous, pour toutes ces choses que nous réalisons avec eux au quotidien, pour tous ces parents qui ont 4 journées en une seule, qui sont parents le jour, parents la nuit, qui ont le sentiment de n'être ni jamais assez au travail, ni jamais assez à la maison, qui aimeraient juste mettre pause quelques minutes car là, c'est pas le moment. Mais qui ont le coeur en fête quand ils voient leur bout de chou sourire à leur vue, les fous rire qui nous font craquer, leur peau douce, leur regard, leur petite voix, leurs progrès quotidien... Ça remplace tout, ça efface tout, et quand on demande à un parent "c'est bien la vie avec un bébé ?" il voit juste une petite bouille d'amour et il répond instinctivement "oui, c'est merveilleux".