Comment ce que voit notre enfant s'ancre dans son comportement.

On le sait, on nous le dit souvent : l'exemple est un outil d'éducation à part entière. Puisque l'esprit de l'enfant est comme une éponge, les personnes directement en contact avec lui participent directement à sa construction. 

En fait, toujours lors de ma lecture du très complet livre de Catherine Gueguen "Pour une enfance heureuse", j'ai pu en apprendre un peu plus sur les mécanismes neurologiques responsables de l'imitation, mais aussi de l'empathie et la contagion émotionnelle. 

C'est en Italie qu'un neurologue du nom de Giacomo Rizzolatti découvre les neurones miroirs. Alors qu'il étudie l'aire cérébrale sensori-motrice du macaque, il observe que celui-ci est capable de reproduire un geste au niveau cérébral, sans pour autant effectuer ce geste
Par hasard, alors que le chercheur mange une glace devant l'animal, il voit s'activer les zones du cerveau correspondant au même geste. Le singe se trouvant devant lui ne mange pourtant pas de glace, ni même n'imite le geste.  

Après avoir étudié avec son équipe de plus près ces neurones présents dans un bon nombre de parties de notre cerveau, ils leurs distinguent deux fonctions : 

- pouvoir observer et exécuter 

- comprendre et reconnaître les intentions des autres par leurs actes 

En d'autres termes, cela signifie que lorsque notre enfant nous voit faire des choses, il les reproduit également dans sa tête et les y inscrit, même si sur le moment nous ne le voyons pas les reproduire. 
C.Gueguen nous dit même qu'"autrement dit, observer un comportement, un mouvement, c'est déjà le réaliser dans notre esprit, et de manière extrêmement précise". 

Cela siginifie aussi que ce qu'il voit à la télévision (ou d'autres écrans) le touche réellement de plein fouet. Nous pouvons lire "L'imagerie fonctionnelle (IRM) montre que regarder un film (...) active chez le spectateur les mêmes aires cérébrales (...)". 

Un enfant dont le cerveau active régulièrement des zones d'actions liées à la violence, l'agressivité, mais également à des sentiments tels que la colère, la mauvaise humeur etc en est directement impacté. Il inscrit ces comportements en lui, et on peut aisément penser qu'il pourra par la suite les reproduire soit directement sur les autres ou même envers lui-même, et ce à différents stades de sa vie. 

Souvent, lorsque nous arrivons à prendre du recul, nous réalisons que nos enfants sont le reflet de notre propre humeur : on se dit alors qu'ils sont particulièrement difficiles quand nous sommes nous-même fatigués, énervés, agacés... même si nous essayions de en pas le laisser transparaître. 

C. Gueguen nous dit que "dans la vie d'un enfant, toute personne offre un modèle, bon ou mauvais." Cela concerne donc les parents de l'enfant, mais aussi la personne qui le garde, sa famille au sens large, son professeur etc.

Et a contrario, il est aussi bon de rappeler que lorsqu'un enfant nous voit être tendre, parler avec douceur, être affectueux, prendre soin etc. il inscrit et reproduit tout autant ces gestes et attitudes. 

L'enfant passe son temps à reproduire et imiter l'adulte, dans ces jeux, au quotidien. Il apprend et se sociabilise ainsi. 

Les neurones miroirs ont donc également cette fonction de nous permettre de comprendre et anticiper les attitudes de notre entourage. En d'autres termes, de nous rendre empathiques. En sentant les intentions d'autrui, en interprétant leurs gestes pour les lier à des besoins ou des sentiments, ces neurones nous permettent de pouvoir se comporter correctement avec les personnes qui nous entourent, pour vivre en harmonie avec eux. 

Nous avons sûrement encore beaucoup à découvrir à propos de ces neurones miroirs, mais nous pouvons dès à présent faire le lien entre leur fonction pour la construction du cerveau de nos enfants, et ce que nous souhaitons lui transmettre.